Qualitative × quantitative
Comparaison de deux variances : le test F
Comparer deux dispersions par le rapport de leurs variances : la statistique F, sa table, et son usage comme test préliminaire.
01 · Comparer des dispersions, pas des centres
Jusqu'ici on comparait des moyennes (où se situe le centre ?). Mais parfois la question porte sur la dispersion elle-même. Deux automates de dosage donnent la même valeur moyenne de glycémie : très bien. Mais l'un est-il plus régulier que l'autre ? Un appareil de laboratoire fiable se juge autant à sa constance qu'à sa justesse.
Comparer deux dispersions revient à comparer deux variances. L'outil dédié est le test F (du nom de Fisher).
02 · L'idée : un rapport, pas une différence
Pour comparer deux moyennes, on faisait une différence. Pour deux variances, on fait un rapport. La logique : si les deux populations ont la même variance, le rapport des deux variances observées doit tourner autour de 1.
Par convention, on place la plus grande variance au numérateur, de sorte que :
Attention : forcer la plus grande variance en haut revient à tester , donc en bilatéral. Au risque global de 5 %, on lit alors la table à — sinon le vrai risque de première espèce est doublé (10 %).
- proche de 1 → les deux variances sont compatibles ; l'écart est du bruit d'échantillonnage.
- nettement supérieur à 1 (2, 3, 4…) → l'une des dispersions est réellement plus grande.
Toute la question est de savoir à partir de quel seuil devient « trop grand pour le hasard ».
03 · La loi F et sa table
Sous l'hypothèse d'égalité des variances, suit une loi de Fisher-Snedecor, qui dépend de deux nombres de degrés de liberté : celui du numérateur et celui du dénominateur .
La table de se lit donc à double entrée : une colonne pour , une ligne pour . On y trouve le seuil au-delà duquel on rejette l'égalité des variances (typiquement au risque de 5 %).
04 · Un exemple chiffré
On mesure la répétabilité de deux techniques de dosage de l'hémoglobine (g/dL).
- Technique A : , variance
- Technique B : , variance
La plus grande variance est celle de A, donc au numérateur :
avec et degrés de liberté. Comme le test est bilatéral, on lit la table à 2,5 % : le seuil vaut alors . Comme , on rejette — de justesse — l'égalité : la technique A est significativement plus dispersée (moins reproductible) que la technique B. (Lu par erreur à 5 %, le seuil serait 2,5 et l'on conclurait bien trop facilement.)
05 · L'usage principal : test préliminaire
Au-delà de son intérêt propre, le test joue un rôle de garde-fou avant le test . Rappelons (B-4) que le test classique suppose l'égalité des variances pour fondre les deux groupes en une variance commune. Comment le vérifier ? Précisément par un test sur les deux variances.
La démarche enchaînée est donc :
- Test sur les deux variances.
- Si non significatif (variances compatibles) → test classique, avec variance commune.
- Si significatif (variances trop différentes) → variante de Welch, qui n'agrège pas les variances.
06 · Piège classique
07 · À retenir
- Comparer deux variances (dispersions) se fait par un rapport, pas une différence.
- Statistique : avec la plus grande variance au numérateur (donc ).
- La loi dépend de deux degrés de liberté et ; elle est asymétrique et positive.
- proche de 1 → variances compatibles ; nettement > 1 → dispersions réellement différentes.
- Usage principal : test préliminaire de l'égalité des variances avant un test ; brique de l'analyse de la variance.
QCM · épreuve 1
QCM
Q1. Comment construit-on la statistique F pour comparer deux variances ?
Q2. À quoi sert le plus souvent le test F dans la comparaison de deux moyennes ?