Deux groupes de n = 25 sujets. Différence des moyennes = 4 ; écart-type estimé de cette différence = 2. Valeur du t observé ?
Qualitative × quantitative
Comparaison de deux moyennes : le test t de Student
Comparer les moyennes de deux groupes indépendants : la statistique t, les degrés de liberté, la table et les conditions d'application.
01 · La question la plus fréquente en biologie
Un nouvel antihypertenseur baisse-t-il davantage la pression que le placebo ? Le temps de coagulation diffère-t-il entre deux réactifs ? Presque toute expérience se ramène à comparer deux moyennes : celle du groupe traité et celle du groupe témoin.
On observe forcément un écart entre les deux moyennes. La vraie question n'est pas « y a-t-il un écart ? » — il y en a toujours un — mais : cet écart est-il trop grand pour être le simple fruit du hasard d'échantillonnage ? Le test de Student répond précisément à cela.
02 · L'idée : comparer l'écart à sa propre fluctuation
Reprenons B-1 : même si les deux populations avaient exactement la même moyenne, deux échantillons donneraient des moyennes légèrement différentes, par pur hasard. Le test consiste à rapporter l'écart observé à l'ampleur de ces fluctuations naturelles.
- Le numérateur est le signal : l'écart entre les deux moyennes.
- Le dénominateur est le bruit : l'erreur-standard de cette différence, soit de combien la différence fluctuerait si le hasard seul jouait.
Si est petit (proche de 0 ou de 1), l'écart n'excède pas le bruit ordinaire : rien de probant. Si est grand (2, 3, 4…), l'écart dépasse largement ce que le hasard produirait : la différence est significative.
03 · Le dénominateur : erreur-standard de la différence
On combine d'abord la dispersion des deux groupes en une variance commune (moyenne pondérée par les degrés de liberté) :
puis l'erreur-standard de la différence :
La statistique se compare à la loi de Student à degrés de liberté. Cette loi ressemble à la loi normale mais avec des queues un peu plus épaisses, d'autant plus marquées que est petit.
04 · Un exemple chiffré complet
On compare la baisse de pression systolique (mmHg) obtenue par deux traitements.
- Groupe A : , ,
- Groupe B : , ,
Variance commune :
Erreur-standard de la différence :
Statistique de test :
Avec degrés de liberté, la valeur seuil de la table à 5 % (bilatéral) est 2,10. Comme , on rejette l'hypothèse d'égalité : la différence de 6 mmHg entre les deux traitements est significative.
05 · Lire la table de Student
La table donne, pour chaque nombre de degrés de liberté et chaque risque , la valeur seuil que doit dépasser. Quelques repères utiles (bilatéral, ) :
- (la loi normale)
Deux enseignements : le seuil diminue quand augmente (plus de données, moins d'exigence sur ), et il converge vers la valeur 1,96 de la loi normale pour les grands échantillons.
06 · Les conditions d'application
Le test classique repose sur trois hypothèses :
- Indépendance des observations (les deux groupes sont distincts, aucun sujet dans les deux).
- Normalité approximative des données dans chaque groupe — condition peu exigeante dès que dépasse ~30 (théorème central limite), mais à surveiller sur les petits échantillons.
- Égalité des variances (homoscédasticité) : les deux groupes ont des dispersions comparables, ce qui justifie de les fondre en un commun.
07 · À retenir
- Le test compare l'écart des moyennes au bruit attendu : .
- est l'erreur-standard de la différence, bâtie sur une variance commune pondérée par les degrés de liberté.
- On compare à la table de Student à degrés de liberté ; le seuil tend vers 1,96 pour grand.
- Conditions : indépendance, normalité (souple si grand), égalité des variances.
- Variances inégales → test de Welch ; données appariées → test des couples (B-5), pas le à deux échantillons.
QCM · épreuve 1
QCM
Q1. Dans le test t de comparaison de deux moyennes, que représente le dénominateur s_d ?
Q2. Parmi ces conditions, laquelle N'EST PAS requise pour appliquer le test t classique à deux échantillons ?
Exercices d'application