On observe f = 0,30 sur n = 100 sujets, alors que la théorie prédit p = 0,20. Calculez l'écart-réduit z.
Deux variables qualitatives
Comparer un pourcentage à une valeur théorique : le principe des tests
L'hypothèse nulle, l'écart-réduit sous H0, la décision au seuil α et le degré de signification p.
01 · Le problème : un chiffre observé s'écarte d'une référence
Dans une région, la fréquence historique d'une malformation à la naissance est bien établie : 8 %. Cette année, une maternité enregistre 30 cas sur 250 naissances, soit 12 %.
Faut-il s'alarmer ? Peut-être qu'un facteur nouveau a fait grimper le risque. Ou peut-être que 12 % n'est qu'une fluctuation d'échantillonnage au-dessus de 8 %, comme au chapitre précédent nos bactéries oscillaient autour de 20 %.
Nous avons besoin d'une procédure de décision honnête, qui ne se laisse pas emporter par l'impression que « 12, c'est plus que 8 ». Cette procédure, c'est le test statistique. Son principe est le même pour tous les tests du cours ; autant le comprendre à fond ici.
02 · L'hypothèse nulle : le scénario du hasard seul
Le test commence par un renversement contre-intuitif. Au lieu de chercher à prouver qu'il se passe quelque chose, on fait comme si rien n'avait changé. C'est l'hypothèse nulle, notée :
Sous , la vraie proportion vaut toujours 8 % ; les 12 % observés ne seraient qu'une fluctuation. On lui oppose l'hypothèse alternative .
La stratégie : calculer à quel point les données seraient surprenantes si était vraie. Si elles sont très surprenantes, on abandonne . Sinon, on la garde faute de preuve du contraire.
03 · Calculer l'écart-réduit sous H0
Sous , nous connaissons la proportion vraie (), donc l'écart-type des fluctuations se calcule directement avec — et non avec la fréquence observée :
Appliquons à la maternité, avec , , :
L'écart observé vaut 2,33 écarts-types. Sur le graphique des deux risques, cet écart-réduit tombe déjà dans la zone que juge peu probable.
04 · Décider au seuil α
Avant de regarder les données, on fixe un seuil de décision , presque toujours 5 %. Il représente le risque qu'on s'autorise de rejeter à tort — le risque de première espèce.
Pour un test bilatéral à , la frontière est notre vieille connaissance 1,96. La règle :
- si : on rejette , l'écart est dit significatif ;
- si : on ne rejette pas , l'écart est compatible avec le hasard.
Ici : on rejette . La hausse de 8 % à 12 % est significative au seuil de 5 % ; il est raisonnable de chercher une cause.
05 · Le degré de signification p
Le seuil α donne une réponse en tout ou rien. On préfère souvent chiffrer précisément le degré de surprise : c'est le degré de signification, la fameuse valeur .
Pour , la loi normale donne, en bilatéral, . On l'interprète ainsi : si la vraie fréquence était bien 8 %, un écart aussi marqué que celui observé ne surviendrait qu'environ 2 fois sur 100. C'est assez rare pour douter de .
La règle de décision devient : rejeter quand .
06 · À retenir
- Un test oppose (la valeur théorique est vraie, l'écart n'est qu'une fluctuation) à .
- On calcule l'écart-réduit sous , donc avec : .
- On décide au seuil (souvent 5 %) : conduit à rejeter (résultat significatif).
- Le degré de signification est la probabilité d'un écart au moins aussi grand si est vraie ; on rejette quand .
- On ne prouve jamais : « non significatif » veut dire compatible avec le hasard, pas identique à .
QCM · épreuve 1
QCM
Q1. Que suppose exactement l'hypothèse nulle H0 quand on compare un pourcentage observé à une valeur théorique p0 ?
Q2. Le degré de signification p d'un test représente :
Q3. On trouve z = 1,4, donc p ≈ 0,16, au seuil α = 5 %. La bonne conclusion est :
Exercices d'application