Homme de 60 ans, 70 kg, créatininémie 90 µmol/L. Estimez la clairance de la créatinine (Cockcroft, k = 1,23 chez l'homme).
Séméiologie et pathologie — Biologie appliquée à la clinique
Insuffisances rénales, syndrome néphrotique
Distinguer IRA et IRC, typer une insuffisance rénale aiguë et reconnaître un syndrome néphrotique.
01 · Pourquoi ce chapitre
L'insuffisance rénale se dépiste sur l'élévation de la créatininémie (baisse du DFG). Deux questions structurent le raisonnement : aiguë ou chronique ?, puis, si aiguë, quel mécanisme ?. Le syndrome néphrotique en est une entité à part.
02 · IRA ou IRC
La créatinine estime le DFG mais le surestime (sécrétion tubulaire). Formules : CKD-EPI (diagnostic), Cockcroft (adaptation posologique), clairance vraie (grossesse, masse musculaire modifiée).
Sévérité de l'IRC selon le DFG (KDIGO) : stade 1 (≥ 90, marqueurs d'atteinte) → stade 3 (30–59) → stade 5 (< 15 mL/min) = terminal (dialyse/greffe). Complications : hyperkaliémie, acidose métabolique, hyperphosphatémie et hyperparathyroïdie secondaire, HTA.
03 · Les trois IRA
| Type | Mécanisme | Ionogramme urinaire |
|---|---|---|
| Fonctionnelle | hypoperfusion (hypotension, déshydratation) | Na/K < 1 |
| Organique | atteinte parenchymateuse | Na/K > 1 |
| Obstructive | obstacle (lithiase) | imagerie |
L'IRA fonctionnelle est réversible si l'on restaure la volémie ; c'est un hyperaldostéronisme secondaire qui épargne le Na⁺.
04 · Syndrome nephrotique
Défini par une protéinurie > 3 g/24 h + hypoalbuminémie (< 30 g/L) et hypoprotidémie.
Pur (protéinurie sélective isolée) ou impur (HTA, hématurie, insuffisance rénale). Étiologies : primitives (GEM, hyalinose segmentaire et focale → ponction-biopsie rénale) ou secondaires (diabète, lupus, amylose).
05 · Complications du syndrome nephrotique
Traitement : diurétiques + régime hyposodé, corticothérapie, IEC/ARA2 (néphroprotection, réduction de la protéinurie).
06 · Piege classique
07 · A retenir
- IRA = créatinine récente ; IRC = > 3 mois + anémie + hypocalcémie.
- IRA fonctionnelle (Na/K urinaire < 1, réversible) vs organique (Na/K > 1) vs obstructive.
- Syndrome néphrotique : protéinurie > 3 g/24 h + hypoalbuminémie → œdèmes, thromboses, infections.
- Néphroprotection : IEC/ARA2 ; primitif → PBR.
QCM · épreuve 1
QCM
Q1. Une insuffisance rénale aiguë fonctionnelle se traduit sur l'ionogramme urinaire par…
Q2. Le syndrome néphrotique est défini par une protéinurie…
Q3. En faveur d'une insuffisance rénale chronique plutôt qu'aiguë, on retient…
Exercices d'application · épreuve 2
Dossiers cliniques · épreuve 3
Œdèmes et protéinurie massive
NéphrologieUn enfant présente des œdèmes blancs, mous, déclives. Le bilan montre une protéinurie > 3 g/24 h, une hypoalbuminémie et une hyperlipidémie.
Quel syndrome et quels risques ?
Annales du concours sur ce thème
14 questions tombées au concours, portant sur ce chapitre. Voir toutes les annales →
Parmi les propositions suivantes concernant l’origine d’une protéinurie, laquelle (lesquelles) est (sont) exacte(s) ?
Un homme de 70 ans (92 kg), hypertendu, diabétique, est amené aux urgences par les pompiers suite à une violente douleur thoracique entraînant une dyspnée. Le bilan radiologique révèle une fracture spontanée de plusieurs côtes et de multiples lacunes osseuses diffuses. · Questions : 1) Commenter le bilan biologique. 2) Au vu du tableau clinico-biologique de ce patient, quel est le diagnostic le plus probable ? Justifier la réponse. 3) Quels sont les prélèvements et les examens biologiques à réaliser, à visée diagnostique ou pronostique, en lien avec son admission à l'hôpital ? Quels sont les résultats attendus ? 4) Un traitement par biphosphonates est proposé. Quel est leur mode d'action ? 5) Le patient est traité par thalidomide. Quels sont les principaux effets pharmacologiques du thalidomide ? Citer 3 (et seulement 6) effets indésirables graves du thalidomide. 7) Une embolie pulmonaire est diagnostiquée chez ce patient. Un traitement par héparine sodique par voie intraveineuse continue est instauré. Quelle surveillance biologique faut-il mettre en place (exame
Monsieur K., âgé de 65 ans (1,70 m, 80 kg) est suivi pour une insuffisance rénale chronique depuis plusieurs années. · Questions : 1) Estimer la fonction rénale de ce patient. En déduire le stade d'insuffisance rénale. 2) Interpréter la kaliémie. Expliquer le(s) mécanisme(s) en cause. 3) Interpréter la valeur de l'hémoglobine de ce patient. Expliquer le(s) mécanisme(s) en cause. 4) Expliquer l'augmentation de la concentration plasmatique de parathormone chez ce patient. 5) Dans ce contexte, quelle(s) complication(s) osseuse(s) peut (peuvent) être envisagée(s) ? 6) Indiquer les modalités de prise en charge médicamenteuse des perturbations phosphocalciques. 404784 CD5 Enoncé Monsieur K., âgé de 65 ans (1,70 m, 80 kg) est suivi pour une insuffisance rénale chroniq
Quelle(s) est (sont) la (les) proposition(s) exacte(s) ? Au cours du syndrome néphrotique, est observée
Monsieur R., 45 ans, 78 kg, consulte son médecin en raison de deux épisodes d'hématurie, indolores et non accompagnés de fièvre, survenus dans la semaine qui précède. · Questions : 1) Commenter les résultats du bilan biologique et préciser l'état de la fonction rénale. 2) Au vu des résultats du bilan, quelles mesures diététiques seront préconisées ? Quelle surveillance clinico-biologique est à instaurer ? 1553 2023_DTB_P 3) Six mois plus tard, le résultat de l'estimation du débit de filtration glomérulaire (DFG) par la formule du CKD-EPI est de 6 mL/min/1,73 m2. Caractériser l'état de la fonction rénale. Quelle est la pr 4) Monsieur R. a été greffé d'un rein. Quelles sont les stratégies thérapeutiques à mettre en place, chronologiquement par rapport à la greffe, pour prévenir le rejet de greffe ? 5) Quels sont les mécanismes d'action des 5 principales classes pharmacologiques utilisées en prévention du rejet de greffe ? 6) Quelles sont les bases immunopathologiques du rejet aigu de greffe en transplantation d'organe ? 7) Le patient sort de l'hôpital deux semaines après sa transplantation et des bilans biologiques sont réalisés régulièrement. A la suite de l'un d'eux, il est ré-hospitalisé. Les résultats sont les suiva
Quelle(s) est (sont) la (les) modification(s) hormonale(s) observée(s) au cours de l'insuffisance rénale chronique sévère non traitée ?
Parmi les propositions suivantes concernant la créatinine, quelle(s) est (sont) celle(s) qui est (sont) exacte(s) ?
Madame X., 72 ans, est hospitalisée pour bilan d'une insuffisance rénale découverte fortuitement à la suite d'un bilan sanguin demandé lors d'un épisode de mastoïdite. · Questions : 1) Commenter le bilan biologique, en indiquant les valeurs usuelles. 2) Commenter l'état de l'équilibre acido-basique. 3) Calculer et interpréter la clairance de la créatinine. Quelle pathologie peut-on évoquer ? Justifier. 4) Pour quelle raison une épuration extra-rénale par hémodialyse doit-elle être mise en place ? Expliquer le principe, l'objectif et la mise en œuvre. 5) Indiquer le mécanisme d'action de la spironolactone. Commenter la prescription de ce médicament chez cette patiente. 6) 1323 2019_DTB_R Commenter la prescription de metformine chez cette patiente.
Quelle(s) est (sont) la (les) proposition(s) exacte(s) concernant le syndrome néphrotique pur ?
Parmi les propositions suivantes concernant les protéinuries, laquelle (lesquelles) est (sont) exacte(s) ?
Parmi les propositions suivantes concernant les modifications biochimiques observées dans l‘insuffisancerénale aiguë fonctionnelle, laquelle (lesquelles) est (sont) exacte(s) ?
Quelle(s) est (sont) la(les) proposition(s) exacte(s) concernant l'insuffisance rénale chronique ?
Indiquer la(les) proposition(s) exacte(s) concernant la créatinine plasmatique.
Quelle est la valeur du débit de filtration glomérulaire (DFG) exprimée en mL/min/ 1,73 m2 qui définit une insuffisance rénale chronique modérée ?