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Séméiologie et pathologie — Biologie appliquée à la clinique

Infections urinaires : classer avant de traiter

Cystite, pyélonéphrite, infection urinaire masculine et colonisation — bandelette, ECBU et antibiothérapie.

01 · Pourquoi ce chapitre

Devant une infection urinaire (IU), la première question n'est pas « quel antibiotique ? » mais « simple ou à risque de complication ? ». Cette classification commande tout : examens et durée de traitement.

02 · Bandelette et ECBU

La bandelette urinaire (BU) est le test de débrouillage :

  • leucocytes (réaction inflammatoire) et nitrites (nitrate-réductase des entérobactéries) ;
  • excellente valeur prédictive négative (> 95 %) : une BU négative chez la femme jeune symptomatique rend l'IU peu probable.

L'ECBU (examen cytobactériologique des urines) confirme, identifie le germe et donne l'antibiogramme. Recueil : hygiène du méat, 2ᵉ jet des premières urines du matin, pot stérile, transport rapide. Seuils : leucocyturie > 10⁴/mL, bactériurie significative selon le germe et le sexe.

03 · Cystite aigue simple

Femme sans facteur de risque : pollakiurie, brûlures mictionnelles, ± hématurie, sans fièvre ni douleur lombaire.

  • Germes : E. coli (~80 %, entérobactérie : BGN, oxydase −, nitrate-réductase +), Staphylococcus saprophyticus chez la femme jeune.
  • BU suffit (ECBU inutile hors récidive ou FR).

04 · Formes febriles

La fièvre fait sortir de la cystite :

  • Pyélonéphrite aiguë : fièvre + douleur lombaire ± signes de cystite. ECBU + hémocultures ; traitement probabiliste par C3G (céfotaxime/ceftriaxone) ou fluoroquinolone, puis relais adapté. Durée 7 jours (FQ ou C3G parentérale), 10 jours avec les autres molécules.
  • Infection urinaire masculine (prostatite) : toute fièvre avec signes urinaires chez l'homme est une prostatite jusqu'à preuve du contraire.

05 · Colonisation urinaire

La colonisation urinaire (bactériurie asymptomatique) est une présence de bactéries sans symptôme.

Cas fréquent : patiente sondée, apyrétique, urines troubles → colonisation, pas d'antibiotique.

06 · A retenir

  • D'abord classer : simple vs à risque de complication (grossesse, homme, sujet âgé fragile, IRC, uropathie).
  • BU = débrouillage (VPN > 95 %) ; ECBU si FR, fièvre, récidive, homme, grossesse.
  • Germe n°1 = E. coli ; femme jeune aussi S. saprophyticus.
  • Cystite simple → fosfomycine monodose ; PNA → C3G/FQ ; prostatite → FQ ou cotrimoxazole 14 j.
  • Colonisation : ne pas traiter, sauf grossesse et geste urologique.

QCM · épreuve 1

QCM

Q1. La bactérie responsable de la majorité des infections urinaires communautaires est…

Q2. Le traitement de première intention d'une cystite aiguë simple est…

Q3. Une fièvre avec signes urinaires chez un homme doit être considérée comme…

Annales du concours sur ce thème

7 questions tombées au concours, portant sur ce chapitre. Voir toutes les annales →

Dossier n°1 Décembre 2024

Une jeune femme de 19 ans est admise aux urgences pour une fièvre à 39,2 °C associée à des douleurs lombaires et une augmentation de la fréquence des mictions depuis la veille. Un examen cytobactériologique des urines (ECBU), des hémocultures et un hémogramme sont réalisés. ECBU : - Leucocytes : 1. · Questions : 1) Interpréter le bilan biologique. Quel est le diagnostic clinique évoqué ? Justifier. 2) Quel est l'agent le plus probablement responsable de cette infection ? Justifier. 3) Quelle est la raison essentielle expliquant que les infections urinaires sont plus fréquentes chez la femme que chez l'homme ? Saber DE DOSSIERS THERAPEUTIQUES ET BIOLOGIQUES = 4) Quel est le principe d'une hémoculture ? Quelles sont les modalités de prélèvement ? 5) Quel est le traitement probabiliste à instaurer chez cette patiente ? Quelles en sont les modalités (voie d'administration, durée) ? 6) Quelles sont les deux méthodes permettant de réaliser un antibiogramme ? Enoncé Une jeune femme de 19 ans est admise aux urgences pour une fièvre à 39,2 °C associée à des douleurs lombaires et une aug

QCM n°8 Décembre 2023

Parmi les propositions suivantes concernant Escherichia coli, laquelle est fausse ?

  1. AC'est l'espèce bactérienne la plus fréquemment responsable de cystites
  2. BLes souches entérotoxinogènes sont responsables de diarrhées du voyageur
  3. CLes souches productrices de pénicillinase sont sensibles au céfotaxime
  4. DLa résistance à la ciprofloxacine peut être due à une mutation du gène de l'ADN-gyrase
  5. ELes pyélonéphrites peuvent être traitées par la vancomycine
QCM n°4 Décembre 2021

Parmi les propositions suivantes concernant le traitement antibiotique d'une cystite simple à Escherichia coli chez une femme de 25 ans, laquelle est exacte ?

  1. AIl nécessite une administration parentérale du traitement
  2. BIl repose sur la prescription de fosfomycine - trométamol
  3. CIl est prescrit pendant 14 jours
  4. DIl est prescrit après la réalisation d'un ECBU
  5. EIl est associé à un conseil hygiéno-diététique de restriction hydrique
QCM n°35 Décembre 2020

Parmi les bactéries suivantes, quelle(s) est (sont) celle(s) responsable(s) d'infections urinaires ?

  1. AEscherichia coli
  2. BPseudomonas aeruginosa
  3. CChlamydia trachomatis
  4. DStreptococcus pyogenes
  5. EMycobacterium tuberculosis
QCM n°2 Décembre 2019

Parmi les bactéries suivantes, quelle est celle qui est la plus fréquemment responsable d'infection urinaire ?

  1. APseudomonas aeruginosa
  2. BEscherichia coli
  3. CSalmonella spp.
  4. DNeisseria gonorrhoeae
  5. EMycobacterium tuberculosis
QCM n°5 Décembre 2016

Concernant les infections urinaires pouvant être traitées par une antibiothérapie monodose, quelle proposition est exacte ?

  1. APyélonéphrite aiguë
  2. BInfection urinaire récidivante
  3. CCystite aiguë simple de la femme jeune, non enceinte
  4. DInfection urinaire de la femme enceinte
  5. EProstatite aiguë
QCM n°58 Décembre 2014

Parmi les propositions suivantes concernant Escherichia coli, quelle(s) est(sont) celle(s) qui est(sont) exacte(s) ?

  1. AIl fait partie de la famille des Enterobacteriaceae
  2. BIl peut provoquer des infections urinaires
  3. CIl est naturellement sensible aux macrolides
  4. DCertaines souches peuvent produire des entérotoxines
  5. EIl n'est jamais responsable de méningites
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