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Séméiologie et pathologie — Biologie appliquée à la clinique

Méningites et encéphalites : lire le LCR en urgence

Reconnaître un syndrome méningé, interpréter la ponction lombaire et traiter sans attendre.

01 · Pourquoi ce chapitre

La méningite bactérienne est une urgence absolue : quelques heures décident du pronostic. Le raisonnement est stéréotypé : syndrome méningé fébrile → ponction lombaire (PL) → lecture immédiate du LCR → antibiothérapie probabiliste sans délai.

Le réflexe qui sauve : devant un purpura fulminans (purpura extensif + fièvre), on injecte une C3G immédiatement, avant même la PL et avant le transfert.

02 · Reconnaitre le syndrome

Le tableau associe fièvre, céphalées, raideur de nuque, photophobie, vomissements. Chez le nourrisson, les signes sont trompeurs : fièvre mal tolérée, geignement, hypotonie, fontanelle bombée, refus alimentaire.

03 · Lire le LCR

La PL tranche entre méningite bactérienne (purulente) et virale (claire) :

L'examen direct (Gram) oriente d'emblée le germe. On complète par la culture, les antigènes solubles et la PCR (approche syndromique). Valeurs usuelles : < 5 éléments/mm³, protéinorachie 0,15–0,40 g/L.

04 · Le germe selon le terrain

Le Gram + l'âge donnent le pari microbiologique :

  • Méningocoque (Neisseria meningitidis) : cocci Gram négatif, adolescent/adulte jeune, purpura fulminans.
  • Pneumocoque (S. pneumoniae) : cocci Gram positif en diplocoque, porte d'entrée ORL (otite), terrain fragile ; méningite la plus grave.
  • Nouveau-né : Streptococcus agalactiae (SGB, cocci Gram + en chaînette), E. coli K1 (BGN), Listeria monocytogenes (bacille Gram +, terrain à risque, femme enceinte).
  • Haemophilus influenzae : nourrisson non vacciné.

05 · Traitement et prophylaxie

  • Antibiothérapie probabiliste immédiate : C3G IV à dose méningée (céfotaxime ou ceftriaxone). On y ajoute l'amoxicilline si Listeria suspectée (nouveau-né, terrain, LCR panaché).
  • Dexaméthasone : corticoïde adjuvant débuté avec ou juste avant la première dose d'antibiotique (pneumocoque, Haemophilus).
  • Durée adaptée au germe (méningocoque 4–7 j, pneumocoque 10–14 j, Listeria ≥ 21 j) ; désescalade selon la CMI.

06 · Encephalite herpetique

Devant fièvre + troubles du comportement / de la conscience + convulsions ± signes de focalisation (atteinte temporale), penser à l'encéphalite à HSV-1 : c'est une urgence thérapeutique.

07 · A retenir

  • Syndrome méningé fébrile → PL ; purpura fulminans → C3G immédiate avant la PL.
  • LCR bactérien : trouble, PNN, protéinorachie ↑, glycorachie ↓ (< 0,4 × glycémie).
  • Gram + âge : méningocoque (CGN), pneumocoque (CGP diplo), nouveau-né = SGB / E. coli / Listeria.
  • Traitement : C3G dose méningée (± amoxicilline si Listeria) + dexaméthasone.
  • Méningocoque : DO, rifampicine à l'entourage. Encéphalite : PCR HSV + aciclovir IV.

QCM · épreuve 1

QCM

Q1. Un LCR trouble avec 5000 éléments/mm³ à prédominance de PNN, protéinorachie 2,5 g/L et glycorachie effondrée oriente vers…

Q2. Devant un purpura fulminans fébrile, le geste immédiat est…

Q3. Le diagnostic d'une encéphalite herpétique repose sur…

Annales du concours sur ce thème

10 questions tombées au concours, portant sur ce chapitre. Voir toutes les annales →

QCM n°4 Décembre 2025

Dans les méningoencéphalites avec signes d’atteinte temporale et liquide cérébrospinal clair, lympho- cytaire, normoglycorachique, quel agent est le plus souvent impliqué ?

  1. AEnterovirus
  2. BPoliovirus
  3. CVirus de l’immunodéficience humaine
  4. DHerpes simplex virus
  5. EInfluenzavirus
QCM n°31 Décembre 2023

Parmi les bactéries suivantes, laquelle (lesquelles) est (sont) responsable(s) d'une méningite néonatale ?

  1. AListeria monocytogenes
  2. BNeisseria meningitidis
  3. CEscherichia coli
  4. DStreptococcus pyogenes
  5. EStreptococcus agalactiae
QCM n°4 Décembre 2022

Parmi les propositions suivantes concernant la méningite à Neisseria meningitidis, laquelle est inexacte ?

  1. AUne hypercellularité a polynucléaires neutrophiles est retrouvée dans le liquide cérébrospinal
  2. BLa glycorachie est augmentée
  3. CL'examen direct peut montrer des cocci à Gram négatif
  4. DLe traitement probabiliste fait appel 4 une céphalosporine de troisième génération
  5. ELa rifampicine est réservée a la chimioprophylaxie
Dossier n°1 Décembre 2022

Une enfant de 16 mois, d'une famille récemment arrivée en France, est hospitalisée pour hyperthermie à 40 °C, asthénie, somnolence et raideur modérée de la nuque. L'examen clinique ne montre par ailleurs pas d'éruption cutanée mais un tympan gauche congestif. · Questions : 1) Interpréter les résultats biologiques au regard des signes cliniques. Quel est le diagnostic envisagé ? 2) Quel est le micro-organisme probablement en cause ? Justifier. 3) Après la ponction lombaire, un traitement par céfotaxime par voie IV est instauré. Justifier le choix de ce traitement antibiotique. 4) Quel(s) est (sont) l'(les) examen(s) bactériologique(s) nécessaire(s) à la détermination de la sensibilité aux antibiotiques de la bactérie en cause ? 5) Décrire le mécanisme de résistance acquise aux bêta-lactamines chez l'espèce de bactéries en cause. 6) Quelles sont les autres espèces bactériennes responsables de ce type d'infection chez des enfants de cet âge ? 7) Par quel moyen l'infection de cette enfant aurait-elle pu être prévenue ?

QCM n°6 Décembre 2019

Parmi les propositions suivantes concernant les méningites à Neisseria meningitidis, laquelle est exacte ?

  1. ACe sont des méningites à liquide clair
  2. BLe liquide céphalorachidien présente une hyperglycorachie
  3. CIl n'existe pas de prophylaxie vaccinale contre les méningites dues à Neisseria meningitidis de sérogroupe B
  4. DLa rifampicine est utilisée à titre prophylactique
  5. ELa vancomycine constitue l'antibiothérapie de 1ère intention
QCM n°7 Décembre 2017

Parmi les propositions suivantes, laquelle ne s'applique pas à la méningite à Listeria monocytogenes ?

  1. AListeria monocytogenes peut être isolée sur gélose enrichie de sang
  2. BLa méningite à Listeria monocytogenes peut être consécutive à une transmission materno-foetale
  3. CLa formule leucocytaire du LCR peut être panachée
  4. DLes céphalosporines constituent le traitement de choix de cette infection
  5. EIl n'existe pas de prophylaxie vaccinale
QCM n°26 Décembre 2017

Quelle(s) est (sont) la (les) proposition(s) exacte(s) correspondant aux résultats de l'analyse du liquide céphalorachidien lors d'une méningite tuberculeuse ?

  1. AGlycorachie diminuée
  2. BChlorurorachie augmentée
  3. CPrédominance de lymphocytes
  4. DPrédominance d'érythrocytes
  5. EProtéinorachie supérieure à 0,4 g/L
QCM n°5 Décembre 2014

Parmi les propositions suivantes concernant Haemophilus influenzae, une seule est exacte. Laquelle ?

  1. AC'est un bacille à Gram positif
  2. BIl cultive sur gélose ordinaire, sans nécessiter l'addition de facteurs de croissance
  3. CIl peut être agent de méningite
  4. DIl est toujours sensible aux aminopénicillines
  5. EIl n'existe aucune prophylaxie vaccinale des infections qu'il provoque
QCM n°40 Décembre 2013

Parmi les propositions suivantes concernant les méningites bactériennes à pneumocoque, seules certaines sont exactes. Lesquelles ?

  1. AElles surviennent uniquement chez le sujet âgé
  2. BElles s'accompagnent habituellement d'une réaction cellulaire avec prédominance de polynucléaires au niveau du liquide céphalorachidien
  3. CElles s'accompagnent d'une élévation de la glycorachie
  4. DL'isolement de la bactérie en cause nécessite l'utilisation d'un milieu de culture enrichi
  5. ELeur traitement repose sur l'utilisation de céphalosporines de troisième génération
QCM n°8 Décembre 2012

Parmi les propositions suivantes, laquelle ne s'applique pas à la méningite à méningocoque ?

  1. AElle peut s'accompagner d'un purpura
  2. BElle survient souvent chez l'enfant ou l'adolescent
  3. CLa bactérie peut être isolée sur gélose au sang cuit
  4. DOn n'observe jamais d'hyperprotéinorachie
  5. ELa rifampicine est utilisable comme antibioprophylaxie
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