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Sciences de la vie

Méthodes d'identification des mutations délétères

PCR, séquençage de Sanger, hybridation (Southern, Northern, FISH), CGH-array et diagnostic direct ou indirect.

01 · Pourquoi ce chapitre

Devant une maladie héréditaire monogénique, identifier la mutation délétère repose sur une boîte à outils de biologie moléculaire. Chaque technique répond à une question : amplifier une région, lire sa séquence, repérer une anomalie de quantité ou choisir un diagnostic direct ou indirect.

02 · Amplifier par PCR

La PCR (polymerase chain reaction) amplifie in vitro une courte séquence encadrée par deux amorces (oligonucléotides d'environ 20 nucléotides, extrémité 3'OH libre), grâce à une ADN polymérase thermostable (Taq), en présence de dNTP et de Mg²⁺.

Chaque cycle comporte trois étapes :

  • dénaturation par la chaleur (séparation des deux brins) ;
  • hybridation des amorces sur les séquences flanquantes ;
  • élongation dans le sens 5'→3'.

L'amplification est exponentielle. On peut amplifier de l'ARN après transcription inverse (RT-PCR).

03 · Séquencer selon Sanger

La méthode enzymatique de Sanger synthétise, à partir d'un ADN simple brin et d'une amorce, de nouveaux brins en présence de dNTP et d'une faible quantité de ddNTP (didésoxyribonucléotides, dépourvus de groupement 3'OH). L'incorporation d'un ddNTP arrête l'élongation.

On obtient une collection de fragments de tailles croissantes, séparés à un nucléotide près par électrophorèse. Les ddNTP sont marqués par quatre fluorochromes, lus par un laser sous forme d'électrophorégramme. C'est la référence pour détecter substitutions, petites délétions et insertions.

Le séquençage haut débit (NGS) analyse en parallèle de nombreux gènes (panels, exome, génome entier) et complète aujourd'hui largement Sanger, réservé à la validation ciblée.

04 · Hybrider : Southern, Northern et FISH

Toutes ces techniques reposent sur l'hybridation moléculaire d'une sonde marquée avec sa séquence complémentaire.

  • Southern blot : analyse d'un fragment d'ADN au sein du génome, après digestion par des enzymes de restriction (endonucléases bactériennes), électrophorèse, transfert sur membrane et hybridation. Met en évidence délétions, insertions, remaniements.
  • Northern blot : dérivé, adapté à l'analyse d'un ARN messager (taille des transcrits, épissage alternatif).
  • FISH (hybridation in situ fluorescente) : sonde fluorescente repérant une séquence sur un chromosome (chromosome entier, bras, bande ou locus).

05 · Révéler les polymorphismes et les CNV

  • Microsatellites (CA)n : multi-alléliques, étudiés par PCR puis électrophorèse.
  • SNP : étudiés par PCR/RFLP (digestion par une enzyme de restriction créant ou abolissant un site), PCR spécifique d'allèle ou PCR/séquençage.
  • CGH-array : analyse globale du génome détectant les variations quantitatives d'ADN (aneuploïdies, délétions, duplications, CNV). Elle ne détecte pas les translocations réciproques ni les inversions équilibrées (pas de gain ni de perte).

06 · Diagnostic direct et diagnostic indirect

  • Diagnostic direct : recherche directement la mutation dans le gène. Conditions : gène identifié. Résultat de quasi-certitude, possible même pour un cas sporadique.
  • Diagnostic indirect : suit la ségrégation de marqueurs polymorphes (microsatellites) liés au locus morbide. Réservé aux formes familiales, avec diagnostic clinique certain ; résultat probabiliste, limité par l'informativité des marqueurs et les recombinaisons.

07 · À retenir

  • PCR : Taq thermostable, deux amorces, cycles dénaturation-hybridation-élongation ; RT-PCR pour l'ARN.
  • Sanger : ddNTP terminateurs, lecture par fluorescence, détecte substitutions et petits indels.
  • Southern (ADN), Northern (ARN), FISH (chromosome) reposent sur l'hybridation moléculaire.
  • CGH-array : anomalies quantitatives et CNV, mais pas les remaniements équilibrés.
  • Diagnostic direct (mutation) versus indirect (marqueurs liés, formes familiales).

QCM · épreuve 1

QCM

Q1. La réaction de polymérisation en chaîne (PCR) repose sur…

Q2. Le séquençage selon Sanger utilise, comme terminateurs de chaîne…

Q3. La CGH-array (hybridation génomique comparative) permet de détecter…

Annales du concours sur ce thème

3 questions tombées au concours, portant sur ce chapitre. Voir toutes les annales →

QCM n°50 Décembre 2023

Parmi les propositions suivantes concernant le séquençage des acides nucléiques par la méthode de Sanger, laquelle (lesquelles) est (sont) exacte(s) ?

  1. AIl permet de mettre en évidence des substitutions nucléotidiques de type SNP
  2. BIl permet de mettre en évidence des mutations dues à des transitions
  3. CIl permet de mettre en évidence des mutations dues à des délétions de quelques nucléotides
  4. DIl permet la caractérisation de variations nucléotidiques au sein de la séquence d'un exon
  5. EIl permet la caractérisation de variations nucléotidiques au sein de la séquence d'un intron
QCM n°25 Décembre 2022

Parmi les éléments suivants lequel (lesquels) est (sont) nécessaire(s) à la synthèse de l'ADN par une réaction de polymérisation en chaine (PCR) ?

  1. ADes amorces oligonucléotidiques spécifiques
  2. BDes topoisomérases
  3. CDes ribonucléotides triphosphate
  4. DUne ADN polymérase thermostable
  5. EUne ADN ligase thermostable
QCM n°58 Décembre 2016

Parmi les propositions suivantes, laquelle (lesquelles) est (sont) exacte(s) ? En génie génétique, l'ADN complémentaire (ADNc)

  1. AEst composé d'introns et d‘exons
  2. BSert de vecteur à un gène ou à une séquence génétique
  3. CDoit être formé d'un double brin pour être inséré dans un plasmide
  4. DPeut constituer une sonde après marquage radioactif
  5. EEst copie à partir d'ARN messager grâce à l'action d'une ADN ligase
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