Parmi les paramètres suivants,lesquels influent sur les résultats d'un antibiogramme par diffusion en gélose ?
Séméiologie et pathologie — Biologie appliquée à la clinique
Antibiogramme, CMI et indices PK/PD
De la CMI à la catégorisation S/I/R, et pourquoi le schéma d'administration dépend de la famille.
01 · Pourquoi ce chapitre
Prescrire un antibiotique, ce n'est pas seulement choisir la bonne molécule : c'est aussi choisir le bon schéma (dose, rythme, durée de perfusion). Les deux décisions reposent sur un même socle : la CMI du germe et la relation PK/PD de la famille.
On part de la mesure de sensibilité, on aboutit à une règle d'administration.
02 · CMI et catégorisation S/I/R
La CMI (concentration minimale inhibitrice) est la plus faible concentration d'antibiotique qui inhibe la croissance visible du germe. On la mesure par dilutions (ou on l'estime par le diamètre d'inhibition en diffusion : plus le diamètre est grand, plus la CMI est basse).
On la compare ensuite aux concentrations critiques (breakpoints, EUCAST) pour catégoriser la souche :
- S — sensible (à posologie standard) ;
- I — sensible à forte exposition (posologie augmentée / site favorable) ;
- R — résistant (CMI au-dessus de la concentration critique supérieure).
03 · Temps-dépendant ou concentration-dépendant ?
L'efficacité d'un antibiotique se prédit par un indice PK/PD qui rapporte la concentration à la CMI. Trois profils :
- %T > CMI (temps au-dessus de la CMI) — bêta-lactamines : ce qui compte, c'est le temps passé au-dessus de la CMI ;
- Cmax/CMI (pic sur CMI) — aminosides : ce qui compte, c'est la hauteur du pic ;
- AUC/CMI (exposition sur CMI) — fluoroquinolones, glycopeptides.
04 · En pratique
- Bêta-lactamine sur un germe à CMI limite : fractionner les doses ou prolonger la perfusion augmente le %T > CMI sans changer la dose totale.
- Aminoside : une dose unique journalière élevée maximise le Cmax/CMI et, grâce à l'effet post-antibiotique, limite la toxicité (moins de temps à concentration résiduelle).
- Fluoroquinolone sur un bacille à Gram négatif : cible classique AUC/CMI ≈ 125.
- Glycopeptide (vancomycine) : indice AUC/CMI (cible ≈ 400), d'où l'intérêt du suivi des concentrations résiduelles.
05 · Piège classique
« Sensible » n'est pas « efficace à tout prix ».
06 · À retenir
- CMI = plus faible concentration inhibant le germe ; diamètre ↔ CMI en sens inverse.
- S / I / R = CMI comparée aux concentrations critiques (breakpoints EUCAST).
- Bêta-lactamines → %T > CMI ; aminosides → Cmax/CMI ; fluoroquinolones → AUC/CMI.
- Le schéma d'administration découle de l'indice PK/PD de la famille.
QCM · épreuve 1
QCM
Q1. La CMI est…
Q2. Une bêta-lactamine est un antibiotique surtout…
Q3. La catégorie S / I / R résulte de la comparaison de la CMI…
Annales du concours sur ce thème
2 questions tombées au concours, portant sur ce chapitre. Voir toutes les annales →
Parmi les propositions suivantes concernant l'antibiogramme par diffusion en milieu gélosé, laquelle(lesquelles) est (sont) exacte(s) ?